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Peut-être le moment de faire un point en cette fin de semaine sur ce qui a agité l’actualité depuis le début de semaine. C’est assez difficile car les infos ne cessent d’arriver, les déclarations des politiques bref… c’est l’essentiel qui nous intéresse avec les 2 principaux protagonistes. Pour résumer rapidement le dossier, après l’arrestation du cinéaste Roman Polanski, Fédéréric Mitterrand s’est exprimé pour soutenir le cinéaste mais comme il l’a reconnu au JT de TF1, il a peut-être réagi de manière trop émotive. Une réaction peut-être un peu sous le coup de l’émotion de l’arrestation de Roman Polanski. Ensuite, invitée à l’émission Mots Croisés lundi soir sur France Télévisions, Marine Le Pen a lu des passages extraits du livre de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication paru en 2005. Pour elle, il n’a pas sa place au gouvernement et elle le fait savoir. La polémique a été propulsée à la une des rédactions et les commentaires de politiques de tous les bords ont fusé de partout. Frédéric Mitterrand a finalement été invité sur le plateau du journal télévisé de 20h de TF1 pour répondre aux questions de Laurence Ferrari et s’exprimer sur cette polémique.
De son côté, Marine Le Pen a continué sur son terrain. Interviewée sur Europe 1, Marine Le Pen a elle-aussi sont point de vue : « Je suis étonnée comment avec virulence, il condamne cette arrestation (ndlr : celle de Roman Polansko). (…) Lisez le livre de M. Mitterrand, regardez le court-métrage et dites moi si le ministre de la Culture doit rester ministre de la Culture! »
Nous vous proposons de regarder la vidéo de l’interview de Marine Le Pen sur Europe 1 ci-dessous :
Pour info, Le Nouvel Obs a diffusé sur son site internet l’extrait concerné du livre « La Mauvaise vie » de Frédéric Mitterrand :
« La plupart d’entre eux sont jeunes, beaux, apparemment épargnés par la dévastation qu’on pourrait attendre de leur activité. J’apprendrai plus tard qu’ils ne viennent pas tous les soirs, ont une petite amie, sont souvent étudiants et vivent parfois même avec leur famille qui prétend ignorer l’origine de leur gagne-pain. (…)
Je mesure le chemin parcouru par la réputation des Français, depuis le french-lover hollywoodien des années 30 au pédophile planqué des années 2000. (…)
Contrairement à une assertion généralement colportée il y a peu de ruines sexuelles occidentales parmi le public, la clientèle est en majorité locale, d’âge moyen, bien convenable et sort en bande légèrement arrosée au whisky-coca. (…)
Evidemment j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici et vu quantité de films et de reportages ; malgré ma méfiance à l’égard de la duplicité des médias je sais ce qu’il y a de vrai dans leurs enquêtes à sensation ; l’inconscience ou l’âpreté de la plupart des familles, la misère ambiante, le maquereautage généralisé ou crapahutent la pègre et les ripoux, les montagnes de dollars que cela rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages et les enchaîne, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. (…)
Je m’arrange avec une bonne dose de lâcheté ordinaire, je casse le marché pour étouffer mes scrupules, je me fais des romans, je mets du sentiment partout, je n’arrête pas d’y penser mais cela ne m’empêche pas d’y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément. La lumière est moche, la musique tape sur les nerfs, les shows sont sinistres et on pourrait juger qu’un tel spectacle, abominable d’un point de vue moral, est aussi d’une vulgarité repoussante.
Mais il me plaît au-delà du raisonnable. La profusion de garçons très attrayants, et immédiatement disponibles, me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de refréner ou d’occulter. L’argent et le sexe je suis au coeur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas (…) La morale occidentale, la culpabilité de toujours, la honte que je traîne volent en éclat ; et que le monde aille à sa perte, comme dirait l’autre (…).
Je sais aussi très bien que tout cela n’est qu’une sinistre farce que je me raconte à moi-même. J’ai beau résister, le mensonge se délite quand je prends l’avion du retour, le réel me remet le nez dans ma merde dès que j’arrive à Paris, le remords m’attrape et ne me lâche plus d’une semelle, rendu furieux par la peur d’avoir failli perdre ma trace. (…) »


